Pour célébrer leur 2e anniversaire de misère et de souffrance ,la délégation du personnel de la communauté urbaine de Douala suspendue il y’a deux ans décide de prendre part au défilé du 1er Mai 2019 et par ricochet assiéger avec un peu plus de vigueur et de fermeté les services de la cud à Bonanjo. Selon ces travailleurs en détresse ,ils seront en compagnie de leurs familles afin de dénoncer leurs déboires ,leur ras- le- bol et éventuellement l’injustice dont ils sont victimes depuis deux années.

Rappel des faits.

Il y’a exactement deux ans que 10 délégués du personnel de la communauté urbaine de Douala (cud) sont privés de salaires et de travail. Au motif qu’ils ont assisté le 10 Avril 2017 à une grève légale et légitime ,organisée par le syndicat départemental des travailleurs des communes du wouri (Sdtcw) en revendication de la couverture sanitaire pour l’ensemble du personnel de cette institution. Ce même jour,(10 Avril 2017) le délégué du gouvernement auprès de la cud le Dr.Fritz Ntone Ntone suspend ces grévistes de leurs postes et de leurs fonctions pour la direction des ressources humaines.

Trois jours plutard ,ils reçoivent des demandes d’explication via un huissier. Le 20 Avril 2017 ,ils sont à nouveau suspendus avec effet sur leurs salaires ,suivi d’une demande d’autorisation de leur licenciement auprès de l’inspecteur du travail qui en date du 10 Mai 2017 opposera un refus pour faits non etablis et entrave à la fonction du délégué du personnel.

Au regard de l’article 130 ,alinea 4du code de travail ,ce refus devrait de facto entraîné la réintégration des délégués du personnel et le paiement de leurs indemnités. Étant donné que le salaire est souverain et alimentaire.

L’affaire portée devant les juridictions.

Cette affaire a été enrôlée le 23 octobre 2017 à la chambre sociale de la cour d’appel du littoral ,statuant en conseil d’arbitrage. Après plusieurs audiences, le verdict a été rendu en faveur des délégués du personnel le 27 septembre 2018, en ordonnant la réintégration et le paiement des arriérés de salaires ,primes,indemnités liés à la période de suspension et à échoir jusqu’à la date d’exécution de la décision ,puis assortie d’une astreinte de 20.000 FCFA par jour. Visiblement le délégué du gouvernement auprès de la cud renonce à se plier à cette décision de justice. Il a d’ailleurs fait opposition à cette sentence en arguant que l’affaire retourne à l’inspection du travail.

Au moment où les travailleurs du monde d’entier s’apprêtent à célébrer la fête internationale du travail , le 1er Mai prochain sous le thème ” protection du travailleur: vecteur de justice sociale et de travail décent.” ,n’ya t’il pas lieu de s’interroger sur la protection du travailleur au Cameroun ? Les 10 pères de familles suspendus abusivement de leurs fonctions il y’a deux ne sont ils pas des travailleurs?Malgré la décision de justice en leur faveur et les multiples injonctions du ministre du travail et de la sécurité sociale ,le premier magistrat municipale de la ville de Douala est resté camper sur sa décision. Qu’ont fait l’OIT (organisation internationale du travail ) et le Bit( bureau international du travail ) pour mettre fin à cette injustice ?

02 ans de calvaire.

Au lendemain de leur suspension par le délégué du gouvernement auprès de la cud ,ces agents de la cud vivent l’enfer.ils broient du noir .D’aucuns sont dans une misère indescriptible. Plusieurs familles sont en lambeaux C’est le calvaire et la souffrance qui meublent leur quotidien. Subvenir aux besoins basiques de la famille est un véritable chemin de croix.plusieurs enfants ont abandonné l’école faute des frais de scolarité. Certaines familles s’en sortent grâce à la générosité des bienfaiteurs ,des proches ,amis et anciens collègues…

Cas similaire.

Au regard de l’affaire qui a défrayée la chronique à Bafoussam et qui opposait les anciens releveurs de AES \sonel ayant connu le même schéma c’est-à-dire Eneo a fait opposition et l’affaire a été à nouveau enrôlée à la cour d’appel de l’ouest et l’opposition a été levée. Il faudra dont attendre de savoir ce que décidera la juge de la cour d’appel du littoral à bonanjo lors de la 5e audience prévue ce jeudi 25 Avril 2019.

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