Il y a bien longtemps qu’il serait pompeux d’asserter que le Cameroun est un long fleuve tranquille. Depuis les récentes élections présidentielles, le climat social national a pris un sérieux coup. Le rôle joué par les Réseaux sociaux est énorme : Biya ne fait plus l’unanimité. L’a-t-il jamais vraiment fait ? Non, l’homme du 06 novembre 1982 est plus que jamais dos au mur. Entre crise anglophone, Marches pacifiques récurrentes du MRC, pressions internationales, contestations systématiques des militants de RDPC, rétropédalage de certains caciques du régime comme le Chief Victor Mukete… Paul Biya semble désormais loin de ces moments paisibles où il dirigeait le pays à sa convenance.

A la Diaspora, les mouvements de contestation ne cessent de recruter de nouveaux membres. Réunis au sein d’une Brigade anti-sardinards, ils se mobilisent chaque semaine dans les plus grandes capitales européennes pour revendiquer le départ du Vieux lion. Sur le terrain des Grandes opportunités, tout semble à la traine. Le glissement de date de la CAN 2019 a sonné comme la goutte d’eau qui déborde le vase. Même si le Nnom Nguii avait tenté une alchimie de repositionnement des cartes, il faut reconnaître que le public avait mal digéré cette situation. La nomination le 04 janvier 2019 de Jean De Dieu Momo comme Ministre Délégué a également conforté les pourfendeurs du Régime dans leur logique : le Cameroun, de la médiocrité encore et toujours. Puis, un jeune étudiant nouvellement sorti de l’ENAM est porté à sa tête, l’opposition sonne le coup de grâce, la société civile elle, appuie. Les arguments de défense des proches du régime ne changent rien.

Aujourd’hui, le Cameroun semble en autarcie. Sur la défensive, la loi a cédé la place à la violence et à la force, tout concourt au mieux de ceux qui craignent la répression. Mais les remous se font plus grands encore, les prisons n’ont plus de place, de nombreux jeunes n’ont plus peur d’exprimer ouvertement leurs opinions. Un régime affaibli, résolument tourné vers des solutions plutôt conjoncturelles, une société en proie au chômage et au sous-développement. Les montants faramineux sont avancés au quotidien, pourtant dans la pratique, les chantiers piétinent. Les grandes villes accusent le coup du boom démographique, le libéralisme communautaire lui, semble une cause immédiate à l’inertie. Le Cameroun, un marché inondé de produits contrefaits, une jeunesse largement engagée dans l’informel, des villes et communes noyées dans le sous-développement, une police et une gendarmerie pointée parmi les plus corrompues d’Afrique centrale. Tant de signes qui s’apparentent à la fin des temps du Régime

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